L'artisanat d'art, développement économique par la valorisation du patrimoine

Les métiers d'art en France. 217 métiers d'art sont officiellement reconnus par l'arrêté ministériel du 12 décembre 2003 et repartis en 19 secteurs (Art floral, Arts du spectacle, Arts et traditions populaires, Bois, Verre, Cuir, Luminaire…). Avec plus de 38 000 entreprises, employant près de 100 000 personnes, les métiers d’art constituent un pôle important de l’économie française. Ils représentent 10% des entreprises de l'artisanat. Selon la Société d’encouragement aux métiers d’art (SEMA), ce secteur affiche un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros en 2006 et de 63,7 milliards d'euros à l’export.

Tradition, création, restauration. "La France est le pays le plus riche au monde par son patrimoine d’artisanat d’art ", souligne Pierre Chevalier, président de la Société d’Encouragement aux Métiers d’Art (SEMA). Les métiers d’art sont répartis en métiers de tradition, de création et de restauration du patrimoine. Les artisans d'art ont au moins ce point commun : ils allient la créativité et la maîtrise technique. Parmi leurs qualités premières figurent la sensibilité aux œuvres du patrimoine, la curiosité, le goût de l'innovation du travail des matériaux, et la motivation.

L'exigence de l'apprentissage. Avant d'exercer, un artisan d'art se doit d'acquérir le savoir-faire et les petits et grands secrets de fabrication transmis de génération en génération. "Il faut dix ans avant de pouvoir toucher un meuble", témoigne Annie Schneider, qui a enquêté pendant plus d'un an pour élaborer la série des documentaires de France 5, "Le génie français". Certains artisans d'art ont du mal à trouver de jeunes apprentis, et beaucoup d'ateliers de renom ferment, faute de transmission". De très grands noms se voient en effet en "derniers des Mohicans". Il y a heureusement de nombreuses exceptions. Les doreurs sur bois, par exemple, renouvellent régulièrement leurs stagiaires et compagnons.

Formations initiales jusqu'à bac +6. Elles vont du CAP, après la classe de 3e, aux brevets de niveau IV (Brevets des métiers d'art ; bacs professionnels artisanat et métiers d'art ; brevets de techniciens) et aux DMA (diplômes des métiers d'art) et DSA (diplômes des arts appliqués) de niveau III. Boulle, Duperret, Estiennes, Olivier-de-Serres... A côté des "grandes écoles" préparant aux métiers d'art existent de très nombreuses écoles spécialisées par branche. Pour la musique, ce sont par exemple Mirecourt pour les luthiers, Chaux pour les facteurs d'orgue ou l'ITEM du Mans. Mais de nombreuses spécialités, comme la passementerie, l'estampe, le laque ou le tissage s'apprennent exclusivement sur le tas.

Entre tradition et innovation. "20 % des entreprises d'art s'en sortent difficilement et 30% d'entre elles vivent très bien", explique un représentant de la SEMA. Chefs de (petites) entreprises, artisans ou professions libérales, ces professionnels de la restauration et de la création d'art sont pour certains reconnus dans le monde entier. Ils possèdent cette alliance rare du savoir-faire traditionnel et de la connaissance de techniques les plus complexes.

Les chiffres. Le secteur est difficile à cadrer. Les professionnels exercent en artisans inscrits à la Chambre des métiers, mais aussi en artistes (maison des artistes) ou en profession libérale. De nombreuses spécialités regroupent tout au plus quelques centaines de personnes. Certains s'installent à leur compte au sortir de leur école - les relieurs par exemple (50 diplômés par an) ; d'autres deviennent apprentis ou compagnons. La SEMA a réalisé une enquête sur les anciens stagiaires qu'elle a accompagné (300 stagiaires par an, bénéficiant d'une prise en charge sociale et financière, via les Assédic ou l'Afsea). 98% d'entre eux sont toujours, cinq ans après, dans les métiers d'art, 36% ayant créé leur entreprise. Deux secteurs recrutent de façon importante : le bâtiment (tailleurs de pierre, sculpteurs, graveurs, marbriers...) ; l'ameublement (ébénistes, vernisseur-laqueurs, tourneurs, tapissiers, doreurs-encadreurs, selliers), dont l'ensemble des spécialités recrutent environ 20 000 spécialistes par an.
Voici le nombre de professionnels en poste pour les spécialités suivantes :
- 1400 céramistes ;
- 300 relieurs ;
- 15 000 tailleurs de pierre; plusieurs centaines de places sont à pourvoir ;
- 100 imprimeurs d'art ;
- 128 000 professionnels dans les métiers de l'ameublement, dont 11 000 apprentis.

www.atelier-gros-dorure.com

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